Interview de Hélène Conway par le magazine de Français du monde

Publié le par Français du monde - ADFE - Costa Rica

Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, revient pour Français du monde sur son parcours  personnel, professionnel et politique. Ancienne sénatrice des Français  établis hors de France, ancienne conseillère de l’Assemblée des Français de l’étranger, Madame la ministre dévoile les chantiers qu’elle entend traiter en priorité.

Interview d’Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée  auprès du ministre des Affaires étrangères chargée des Français de l’étranger

 

Interview réalisée par François Sangam, Français du monde numéro 170

Depuis quand êtes-vous une  Française de l’étranger ?

Depuis toujours ! J’ai débuté ma vie  à l’étranger puisque je suis née en  Algérie à Annaba. Je suis ensuite rentrée en France. Après ma licence de lettres j’ai décidé de partir en Irlande pour apprendre l’anglais, que je ne connaissais pas ou très peu.  Arrivée en Irlande, j’ai étudié les lettres et la philosophie à l’université, me suis inscrite en doctorat puis ai été nommée à la tête du département de langue. Ma tâche a été de rassembler les différents professeurs, éparpillés entre plusieurs universités, et de constituer un véritable département de langues : 15 ans plus tard, il y avait 40 professeurs et environ 2000 étudiants. J’ai aussi contribué à monter l’un des plus grands réseaux Erasmus d’Irlande. J’ai toujours eu le regard tourné vers l’Europe, avec l’objectif de consolider les liens, les échanges entre étudiants mais aussi entre professeurs.

Comment vous êtes-vous engagée en politique ?

Je suis arrivée au politique par l’associatif, j’étais membre de Français du monde-adfe avant ’adhérer au Parti socialiste. J’avais envie de m’impliquer car je pensais qu’il était important que les Français d’Irlande puissent se retrouver, partager des choses et avancer ensemble. J’ai également été élue à l’Assemblée des Français de l’étranger pour représenter les Français d’Irlande. Une expérience très enrichissante qui m’a permis de travailler sur des thèmes concrets, comme la formation professionnelle et l’emploi. Sur le plan politique, j’ai rejoint la FFE (Fédération des Français de l’étranger du Parti socialiste) où j’ai été élue au Bureau fédéral en charge des questions d’éducation et de culture.

Qu’avez-vous ressenti lors de votre nomination ?

Lorsque j’ai appris ma nomination, j’ai d’abord vu l’honneur qui m’était fait de pouvoir servir mon pays à ce niveau ; de pouvoir mettre toute mon énergie, tout ce que j’ai pu apprendre, observer, au service des Français vivant à l’étranger. J’ai à cœur de suivre tous les outils de la République, comme le consulat, le réseau des établissements scolaires, les instituts culturels ou encore les alliances françaises par exemple. Enfin, j’ai pensé à mon grand-père qui était cheminot et je me suis dit que la France peut permettre à des gens comme nous qui viennent d’un milieu modeste d’arriver au sommet de l’Etat par un parcours militant.

Quels seront vos chantiers prioritaires  ?

Je souhaite développer trois axes qui sont pour moi prioritaires : la scolarité, les aides sociales et la sécurité. J’ai d’ailleurs constitué mon cabinet en nommant des conseillers techniques pour travailler tout de suite sur ces sujets-là, en lien avec les administrations compétentes, bien sûr. En ce qui concerne l’enseignement, l’AEFE a besoin d’une remise à plat. Son mode de fonctionnement doit évoluer, son budget doit être maîtrisé compte tenu du contexte budgétaire contraint.

Au niveau du réseau consulaire, l’objectif prioritaire est de faire un état des lieux de ce réseau et de ses moyens et d’examiner les possibilités de le rationnaliser tout en préservant la qualité des services publics consulaires.

Nous devons également nous pencher sur la situation de nos compatriotes et leur sécurité dans les pays qui traversent des crises politiques. Cela demande une vision globale et c’est ce que nous allons faire dans les six mois à venir.

Que souhaitez-vous dire aux Français de l’étranger ?

Je voudrais dire aux Français de l’étranger que c’est une d’entre eux  qui a été nommée à la tête de ce ministère. J’ai pu voir de l’intérieur les réformes qui étaient nécessaires et désormais je vais pouvoir les mettre en place. Je reste à l’écoute de tous les Français de l’étranger.

Propos recueillis par François Sangam pour le magazine Français du monde

Publié dans Nos représentants

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