L'avenir a-t-il un avenir ?

Publié le par Français du monde - adfe - Costa Rica

Suite à la soirée du café philo organisé à la Librería francesa, Suzanne Haïm apporte son propre éclairage à l’interrogation proposée par Didier Bocris : L’avenir a-t-il un avenir ?

La vision que nous avons de l’Avenir ne peut se trouver que dans l’utopie positive. Nous aspirons tous à « des lendemains qui chantent » fruits d’une société idéalisée où règneraient en maîtres la liberté, l’égalité, la fraternité dans un esprit de solidarité. Voici effectivement des principes « utopistes » dont pourtant, avec le temps, au fur et à mesure de l’évolution des sociétés nous constatons l’amorce. Il faut donc tendre à consolider les principes en participant de plus en plus à leur réalisation et en cela, nous sommes tous d’accord.

Malheureusement, la nature humaine, l’idéalisation du matériel, et la mise au pinacle de l’argent et du pouvoir qu’il confère, retardent l’ascension de notre « utopie bienveillante », ce qui me fait penser qu’en premier lieu, la Société composée d’une minorité d’Êtres d’une nature exceptionnelle, et il y en a, doit se mobiliser et s’acharner à la restauration des mentalités pour qu’à tous les niveaux , s’impose une prise de conscience des responsabilités de chacun dans l’évolution positive du monde, en dépit des intérêts individuels qui peu à peu se sont substitués à l’intérêt général par égoïsme et défaut de solidarité. Là, réside avec grandeur la responsabilisation de tous, et non dans la vision immédiate d’un désengagement des Etats pour médiocrement « responsabiliser » les plus démunis car les autres n’ont rien à perdre ou à craindre.

L’Histoire étant témoin de la réalisation à long terme des utopies présentes, on ne peut imaginer un Avenir radieux et apparemment utopique, en benoîtement dresser constat défaitiste, en ne se basant que sur une réalité immédiate acceptée sans la combattre comme inéluctable et qui ne peut qu’à terme générer une régression sociale, contraire à une vision apparemment « utopique » du bien-être humain.

Car là réside un véritable HUMANISME. Lorsque l’on constate les dérives actuelles qui permettent aux plus nantis de la planète d’échapper à la solidarité par le paiement d’un impôt qui, s’il était correctement utilisé par les Etats, ne devrait laisser personne sur le bord de la route, on sait qu’il sera très difficile de faire admettre la nécessité d’une saine gestion par celui qui nous représente depuis la révolution, du moins en France, l’ÉTAT ! L’ÉTAT ET SON AUTORITÉ ne doivent pas se consacrer, comme essaient de l’imposer les tendances néolibérales, aux seules missions régaliennes réductrices. L’ETAT (NOUS) pourvoit à la réalisation de toutes les infrastructures d’un Pays, au soutien des Institutions, et veille à la répartition d’une partie de la collecte des impôts payés par Tous, dans un esprit de solidarité auprès des plus défavorisés. La duplicité du monde politique actuel, des édiles corrompus incapables de donner le bon exemple de rigueur et d’honnêteté, et ce dans tous les pays du monde, ont détourné le peuple de la politique. Le peuple en effet a démissionné de son pouvoir, ne se reconnait plus dans L’ETAT et rechigne à participer à sa vie, laissant par là-même son pouvoir aux pervers corrompus.

Malheureusement si l’on se réfère à l’immédiat, l’Avenir ne peut qu’être sombre. Je veux moi, accompagnée je suis sûre de nombreux autres, espérer à long terme, un « utopique » changement des mentalités, base indispensable d’une évolution positive de l’humanité. Pour cela, une poignée d’humanistes combatifs animés d’une foi inébranlable en l’Être humain perfectible, peut intervenir et lutter sans démissionner, contre le matérialisme qui a gangréné le monde détruisant tout idéal spirituel emprunt de générosité. Une poignée d’humanistes capable de compassion excluant la « charité bien-pensante » qui donne bonne conscience aux dépourvus de compassion, pourra changer le Monde. La spiritualité extérieure à tout principe religieux dogmatique, est le ferment d’une amélioration de la condition humaine touchant les moins nantis. Valoriser l’Etre devant l’Avoir, sera une manière d’insuffler au plus grand nombre un idéal disparu par la conquête, non d’un minimum de bien-être, mais du superflu devenu pour certains, par l’orientation capitaliste du monde, une Nécessité. Voilà ma vision utopique et humaniste de l’Avenir.

Suzanne Haïm

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